Biographie d'OZ


2 avril 1966
Naissance d'Olivier Zappelli à Lausanne, Suisse

1979-1983
Etudes au collège St-Michel, Fribourg, Suisse

1984
Etudes aux beaux-arts de Sion, Suisse

1985 - 1988
Etudes à l'académie Maximilien de Meuron, Neuchâtel, Suisse

1990
Séjour à Haïti, où il étudie la religion vaudoue et ses rites. Découverte de l'art naïf et fantastique de l'île magique

1991 - 1992
Séjour en Inde, où il devient sadhou, moine shivaïte. Activité itinérante de moine-peintre dans le nord de l’Inde. Création de fresques mythologiques dans des temples hindous. Traduction en français et illustration du
Ramayana, poème épique hindou

1994
Séjour en Norvège, où il se remet à la peinture à l'huile, oubliée depuis les beaux-arts

1996
Première exposition personnelle, au Centre International de l’Art Fantastique, Château de Gruyères, Suisse

1999
•Exposition « La nef des fous », Château de Gruyères, Suisse
•Exposition « Immagina », Reggio Emilia, Italie

2000

Exposition « En cent métamorphoses : la Femme », Château de Gruyères, Suisse

2002
•Exposition « Immagina », Reggio Emilia, Italie
•Exposition « Douleur, source de création » Exposition nationale suisse 2002, Arteplage d'Yverdon-les-Bains, Suisse

2003
Exposition personnelle au Château de Boccard, Fribourg, Suisse

2005
Exposition à la galerie Agora, New York, USA

2005
Exposition à la galerie Omma, Santa Barbara, Californie, USA

2006
•Exposition « Regards fantastiques », Paris, France
•Exposition personnelle à la galerie Plexus, Fribourg, Suisse

2007
•Devient membre du groupe
Libellule. Libellule Art Limited est un groupe de 33 peintres fantastiques, originaires de 20 pays et de trois continents différents
•Exposition
Libellule « Anges exquis », centre culturel Zabu, Saint Germain des Angles, France
•Exposition « Venus et l'intuition féminine », Danemark (Château de Saeby) - Hollande (galerie The Gouden Phoenix) - France (Nice, galerie Princesse de Kiev)
•Exposition
Libellule « Anges exquis », Château de Sedan, France
•Exposition « Dreamscape II », Almere, galerie RE-ART, Hollande

2008
•Exposition
Libellule «Anges exquis », Rosny sur Seine, Hospice Saint Charles, France
•Exposition « Dreamscapes » , Amsterdam, Hollande
•Exposition
Libellule «Anges exquis », Chaumont, chapelle des Jésuites, France
•Exposition
Libellule « Anges exquis », Viroflay, Galerie « A l’Ecu de France », France
•Exposition
Libellule «Anges exquis», Alten Rathaus,Viechtach, Allemagne

2009
•Exposition personnelle à la galerie Lagrouni, Genève, Suisse
•Exposition Libellule « Anges exquis », galerie Renessans, Florence, Italie
•Exposition 
Libellule « Anges exquis », galeria communale, Piombino, Italie
•Exposition « Miniatures et petits chefs d’oeuvres », galerie Fantasmus, Saeby, Danemark
•Exposition personnelle à la galerie Plexus, Fribourg, Suisse
•Exposition  « Dante: La Divine Comédie », galerie Fantasmus, Saeby, Danemark - Alten Rathaus, Viechtach, Allemagne

2010
•Exposition « Ombre et lumière », Thermes du Mont-Dore, France
•Exposition « Dreamscapes », Amsterdam, Hollande
•Exposition « Quadrant Fantasy », Galerie Fantasmus, Saeby, Danemark
•Exposition à la galerie Amsterdam Whitney, Chelsea, New York, USA
•Exposition
Libellule « Exclamations! », chapelle des Jésuites, Chaumont, France
•Exposition
Libellule « One million dollars banknote », Grand Palais, Paris, France

2011
•Exposition « A comme aquarelle », Espace le Rural, Givisiez, Suisse
•Exposition « Ca déménage chez Plexus », Galerie Plexus, Fribourg, Suisse
•Exposition
Libellule « Anges exquis », Château de Riegesburg, Autriche
•Exposition personnelle à la galerie Plexus, Marly, Suisse
•Exposition
Libellule « Anges exquis », Nevers, France
•Exposition
Libellule « Exclamations! », Musée de l’art fantastique, Vienne, Autriche

2012
•Exposition personnelle à la galerie Plexus, Clarens, Suisse
•Exposition
Libellule « Exclamations! », Orléans, france
•Exposition
Libellule « One million dollars banknote », Chamalières, France
•Exposition
Libellule « Exclamations! », Sedan, France

2013
•Exposition
Libellule « One million dollars banknote », Musée de l’art fantastique, Vienne, Autriche
•Exposition
Libellule « One million dollars banknote « , Château de Riegesburg, Autriche
•Exposition
« From Bourg to Burg », Musée de Spartanburg, Caroline du sud, USA




Olivier Zappelli, des hippies, des déesses et des dieux

Par Etienne Chatton
Fondateur du Centre international de l'art fantastique
Château de Gruyères (Fribourg, Suisse)


Feu de feu, en cheval de feu

Olivier Zappelli naît à Lausanne, le 2 avril 1966 à 0020h. Bélier, ascendant Sagittaire : feu de feu, avec en prime un cheval de feu dans le zodiaque chinois. Jouisseur de l'extrême, que tout équilibre déstabilise, il se révèle dès l'enfance curieux de tout, consumé de désirs. Sur lui, le rejeton voit converger un tableau d'ascendants où la passion politique en lignée masculine se mêle au goût des arts en lignée féminine. D'une vieille famille piémontaise, le grand-père Zappelli, député-maire socialiste d'Intra-Verbania, siège au Sénat romain; après 1930, la montée du fascisme et l'arrivée au pouvoir de Mussolini le contraint à l'exil en Suisse. Côté maternel, les Lombard de Neuchâtel sont de souche cévenole. Le Musée du Désert a remis à l'honneur les descendants de ces protestants exilés. Les tableaux néo-classiques de la grand-tante Jeanne Lombard y figureront aux côtés de ceux de l'aïeul Théodore Delachaux et des gravures de l'oncle Aimé Montandon.

Sinueux cursus d'un rebelle

Au lycée, section latine, l'idiome des ancêtres met le potache en léthargie. Cancre protéiforme, il ne veut que gribouiller tandis que le conseil de discipline lui inflige les pires violences. A seize ans, il se voit pourtant confier une bande dessinée commémorant le 400ème anniversaire du collège St-Michel. L'oeuvre - qu'il est interdit d'intituler les frasques de St Canisius - le met en sursis pour un temps. Ses notes exécrables le contraignent pourtant à quitter la vénérable institution à deux ans du baccalauréat. Excédé, son père l'inscrit au Beaux-Arts de Sion, où l'on dispense en happening permanent l'illumination fulgurante du minimal art. Mais le beatnik, optant pour le tag plutôt que le tachisme mural, refuse de s'y vouer corps et âme.

Olivier Zappelli s'inscrit alors à l'école de Meuron de Neuchâtel. Hippie en manteau de fourrure et tignasse arborescente, il aspire le joint avec l'air du temps. En militant de Che Guévara dans l'extase du piercing, il acquiert des notions d'anatomie comparée comme l'esprit vient aux filles. A copier les frises du Parthénon, il ingurgite encore les rudiments de l'esthétique et de l'histoire de l'art. Mais en troisième année, il décide de boycotter le cours de modelage; fanatique de constructivisme, le maître ne rêve que de sphères et cubes tandis qu'Olivier ne veut que peindre. Un jour d'orage, le doyen faisant preuve d'autorité, jette toute sa production sur la rue. Echange de coups ! Expulsion ! Rentré à Fribourg, le futur génie, décide de punir l'impudent despote. Il concocte une recette d'alcool de fiente qu'il servira froid au temps de la vengeance. Ayant conquis en autodidacte les techniques de la peinture, du modelage et tutti quanti, et fort de ses notions de chimie élémentaire, Olivier décide de jouer Zapp II le retour. Venu présenter ses respects au directeur violenté, il asperge le hall d'honneur de l'école de Meuron du nauséeux liquide, dont l'odeur persistera longtemps.

En quête chaotique de lui-même, Frère Olivier entre au monastère d'Hauterive. L'Abbé, désireux de tester l'obéissance du postulant, lui demande de renoncer à la peinture. Deux mois à macérer hors des eaux miroitantes de la création avant que l'artiste ne se décide à franchir la clôture. Intermède mystique qu'un détective classerait au rang des délits de fuite.

Bédéiste autodidacte

Seul toléré par les instances officielles, qui patronnent la compétition internationale, le non-art laisse entrevoir nombre de trous dans le fromage du pour-cent étatique. Tôt entré dans la carrière, les aînés font dans la performance. Olivier va-t-il se contenter des propos vaguement anarchistes proférés par les révolutionnaires en pantoufles, qui prônent un art de destruction ? En fils de bourgeois, qui a biberonné à l'écoute d'un père juge et d'un grand-père correspondant de presse réputé pour ses chroniques géopolitiques, un Zappelli ne saurait se cantonner dans la programmation du vide. Si l'art est remise en question de l'ordre du monde, c'est d'abord d'un monde d'idées.

Pour l'Homme qui rit, l'horreur a toujours un côté dérisoire. L'humour permet d'en supporter le tragique. La bande dessinée est le support rêvé de qui cherche une voie figurative hors des poncifs d'usage. Les bulles de la BD sont des manifestes en attente de mythes. Richard Corben inspire à la jeune génération ses héros irritants. Tout comme celui des Rolling Stones, son art allie vulgarité, haine et sadisme en une poétique agréablement tonique. Pour Zappelli, la révolution sera hilarante.

Ses compositions, Olivier Zappelli les frappe du sigle OZ. Oser. Un programme: oser la prise de risques, en faire un constant défi. L'idéalisme oriental s'est engouffré dans la brèche ouverte par l'industrie pornographique; irait-il jusqu'à dessiner des trucs pas nets, des images de pipe administrative et d'introduction de gadgets à l'hygiène douteuse ? S'il a commis ce péché - rien d'humain ne lui est étranger - que la critique voit dans ces péchés de jeunesse un encouragement à l'humilité.

Augustin Macheret, qui n'est encore que recteur magnifique de l'Université de Fribourg, passe commande d'une BD censée retracer les douleurs terrestres et les visées célestes d'un étudiant parcourant la très catholique Alma Mater. OZ s'y révèle une machine à idées; sa mitrailleuse crache au rythme de son débit verbal, hallucinant ! En fait, ce délire programmé relativise les valeurs humaines. Le recteur excluait les soutanes; il les aura avec les réactionnaires de tout poil. Les cléricaux intégristes refusent ce catholicisme bâti sur le globalisme et la pestilence. Les puritains, tenant de ligues de vertu et de l'enseignement bilingue, se trouvent incorporés au phalangistes de la foi en guerre contre les chantres du relâchement.

Moine itinérant

Entre-temps Olivier Zappelli a rejoint les fourmis du Géant Jaune. Fonctionnaire postal, il estampille des lettres et trimballe des paquets. Le temps d'amasser quelques dollars, la cigale rouvre ses ailes et s'envole vers Haïti. L'animisme est la forme originelle de toute croyance. A la Toussaint, l'île entière se transforme en une gigantesque séance de spiritisme. En néophyte, OZ participe à d'innombrables cérémonies vaudoues. Trop intellectuel ou abandon insuffisant, jamais il n'arrivera à la transe des âmes et des corps innocents que chevauchent les esprits. D'ailleurs cette vie foisonnante manque d'ascèse. Au hasard de ses lectures, un livre sur l'Inde lui apporte l'illumination. Via l'aéroport de Port-au-Prince. Embarquement immédiat.

De New Delhi, bardé de vertus rustiques, l'aventurier se lance sur les routes de l'Inde. Durci par les plaisirs plus que par l'effort, il goûte à l'ivresse de la solitude et au bonheur de vivre à plein ses pulsions. A la poursuite de ses propres secrets, il se plonge dans le Ramayana. La faim de mirages superficiels apaisée, revient le morne ennui du quotidien. Bien que les radotages sucrés, tressés en guirlande autour de la foi, le laissent sceptique, il décide de tenter l'expérience de la vie monastique. Pour conquérir une maîtrise hautement tantrique, le rebelle intégral, viré de l'école et de l'armée, se soumet à toutes les règles.

Torse et pieds nus, le dothi saumon, emblème glorieux du moine itinérant, couvre la partie la moins glorieuse de son anatomie. La barbe et les cheveux couverts de cendre de bouse de vache, il mendie sa pitance en langue hindie. Toujours camé par le besoin de peindre, au temple de Kajuraho, Hanuman Mandir, il reçoit mandat de représenter Hanoumâna le dieu-singe. Bonheur intégral : une fresque longue de six mètres qu'il achève avant de gagner Bhaïrotik, Kal Baïro Mandir où les moines lui prescrivent d'illustrer un épisode du Maharabaratha. Les villageois émerveillés viennent s'incliner devant les images sacrées et toucher les pieds du vénérable sadhou.

Le métier de peintre

D'emblée, OZ se cantonne dans des compositions symétriques. Comme en musique orientale, ce schéma classique lui servira de fondamentale harmonique; elle est la base continue soutenant le discours mélodique, où le sithar brode à l'infini ses variations. Souvent, son tableau recèle une dualité qui le fait passer de l'obscur au clair. Cet étirement vertical est conforme au principe de libération. De la saturation à la clarté, l'esprit se dégage de sa gangue de matière. Sa technique, qui sature la couleur, rejoint la devise des rapins expressionnistes : de l'huile sur la toile c'est de l'huile sur le feu. Les tonalités, qu'il superpose sur sa toile en couches très fines, laissent pénétrer une lumière vibrante sous les glacis.

Ni vraiment puéril ni vraiment adulte, il a gardé une âme tiraillée : l'innocent Peter Pan en lutte perpétuelle contre le féroce Dracula. Cet appétit de fauve visant à l'efficacité brutale du poster, nécessite ces contrastes entre harmonie et délire. Les sujets surgissent spontanément. Il garde en réserve de multiples thèmes qu'il ne cherche ni à analyser ni à censurer. Il les extériorise lorsqu'une envie viscérale en impose la projection. Cette urgence de l'idée non construite ne peut être expliquée qu'en fin de parcours, lorsque d'innombrables fioritures sont venues l'enrichir.

Dans ses toiles qu'il exploite en parallèle, il parvient à imbriquer des références contemporaines, mêlées au classicisme le plus rigoureux. Opposant le clair et l'obscur, l'immense au dérisoire, il fait cohabiter un minus de dessin animé avec un géant de la Chapelle Sixtine. La diversité de ces apports suscite des tensions; elles génèrent l'intensité. La contestation devient source de poésie. Sommé de s'expliquer, OZ justifie sa fascination des grands classiques : "Michel-Ange pour la puissance qu'il dégage des corps, pour ses drapés orange vif et ses ombres vert pomme. Dürer qui brise tous les tabous. Il a osé, donc je peux".

Les petits dieux qui glapissent dans les ténèbres exigent moins de conventions que de vérité. En servant de messes douteuses, OZ n'avait qu'a ronéotyper ses emprunts mythologiques. Abruti de bons sentiments, OZ pouvait épancher son coeur jusqu'à implosion dans ses portraits d'enfants. Pris en otage par la bonne société ploucarde, il aurait honoré les prêtresses du temple. En prosélytes, elles auraient su insuffler à l'anarchiste leur vision moralisante du combat des classes. Tant de misérables y sont tombés, qui n'ont même plus l'excuse de subir la pression des réactionnaires. Livré au seul délire, il reste conscient des limites de la connerie qu'il est de bon ton d'outrepasser.

Terribles, verticales, immenses : toutes, femme éperdument

Un portrait de femme est comme une demande en mariage. Hélas, les moines s'interdisent de telles demandes et s'il leur vient désir de peindre, ils n'honorent que la Vierge. OZ a accompli son noviciat dans un monastère de mystiques hindous pratiquant la tolérance et l'amour du genre humain. Les principes sacrés de cette vocation à la poursuite du divin devaient l'amener au sommet de la libération. Mais il a renoncé à tous ses voeux, voeux de chasteté compris. S'il a su garder ses attributs virils, il est sorti marqué par l'expérience de la chasteté. La fatalité l'aurait-elle fait retomber dans la misogynie, qui fut de tout temps l'ornière du monachisme chrétien ?

Les années Clinton ont porté un coup de grâce à l'intolérance. Mais la liberté sexuelle s'est teintée d'iconoclasme. Les machos en herbe ou en graine ne sont pas tous musulmans. Ils feignent le respect, mais c'est pour mieux s'exercer à l'étripage systématique. Qu'elle soit littéraire ou plastique, leur critique stigmatise autant les intrigues et les ambitions des égéries du pouvoir que leur sans-gêne. Dans ce haut-lieu du politiquement correct qu'est resté le monde des femmes, une has-been boudinée se croit en droit d'exiger d'un peintre qu'il en fasse l'apothéose de la blonde sinueuse ? La lucidité rend souvent les hommes couards; machiste par peur de sembler complaisant OZ ne fut jamais lâche. Merci à ses commanditaires de ne l'avoir jamais contraints à tartiner des sucreries au bord de la crise de diabète.

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